CAFE-PHILO DU 25/09/18

Café Philo de Colognac

Le sens de la relation à autrui ?

Mardi 25 septembre 2018 à 19h00 au Café de Colognac

REPORT AU MARDI 9 OCTOBRE 2018

Relation, du latin « relatio » (récit, narration). Être en relation ou en rapport avec : ensemble des « rapports » et des « liens » existant entre personnes qui se rencontrent, se fréquentent, « communiquent » entre elles. S’il y a toutes sortes de relations, il s’agira d’interroger ici l’origine et les fins d’une relation à autrui.

Autrui, ancien cas régime de autre, formé à partir de datif du mot latin altern lterui, altération de alteri. Peut-être rapproché de l’expression « alter-égo ». « Autrui en tant qu’autrui, n’est pas seulement mon alter-ego. Il est ce que je ne suis pas » Levinas.

Si la relation à l’autre a un sens, quelle en est sa nature ? Se réduit-elle à de simples communications de sujets qui s’objectivent dans l’extériorité du monde, c’est-à-dire entre deux objectivités, ou il-y-a-t-il autre chose ? Toute véritable relation ne se fonde-t-elle pas par cette relation de soi à soi, à l’autre du moi, cette altérité en soi auquel l’autre me renvoi ? Cette altérité n’est-elle pas constitutive de l’intersubjectivité ? Si « je est un autre », si le soi s’éprouve « comme un autre » (Ricœur), ou « pour un autre » (Levinas), ne devient-on pas soi-même que par un autre, ou ne nous recevons pas que d’un Autre ?

Si le retour sur soi semble inévitable, si cela permet de se connaitre, cette relation de soi à soi n’en est pas pour autant sa finalité, Martin Buber écrivait : « Commencer par soi, mais non finir par soi ; se prendre pour point de départ, mais non pour but ; se connaître mais non se préoccuper de soi ». 

Si toutes relations à autrui commencent par soi, il s’agira d’interroger ce soi : est-il donc fondé sur lui-même comme source et origine de lui-même pour lui-même ou par un Autre pour l’autre ? Avant d’être un « Je » maître de lui dans le monde, n’est-il pas un « Moi à l’accusatif », c’est-à-dire ce Soi que je suis, en y étant pour rien, ce moi capable de se sentir lui-même, de s’éprouver, de s’auto-affecter ? S’agit-il seulement de se connaître soi-même ou plus profondément de se-sentir-soi-même pour se-donner-soi-même ? 

Qu’elle est alors le sens d’une relation, sa nature ? N’y aurait-il que deux monologues par une communication d’objectivité à objectivité dans le monde (je-cela), ou peut-il y avoir un dialogue entre deux sujets singuliers dans la communion d’une même vie originaire (je-tu) ? Ou encore ? Nous en débattrons.

Du grain à moudre :

« La vie publique vraie et la vie personnelle vraie sont deux formes de la relation. Pour qu’elles naissent et durent, il faut des sentiments, qui en sont les contenus changeants, et des institutions, qui en sont la forme constante ; mais ces deux facteurs additionnés ne créent pas encore la vie humaine ; il en faut un troisième, qui est la présence centrale d’un « Tu » ou, pour le dire en toute vérité, le « Tu » central conçu dans la présence. » Martin Buber

« L’écoute d’autrui par laquelle, à travers les mots proférés dans l’extériorité du monde, je puis l’entendre et entrer en relation avec lui, n’est elle-même possible que, parce que, au préalable, nous sommes co-engendrés dans la Vie, dans un « être-avec » qui nous précède et fonde toute relation possible. » Antoine Vidalin

« Dans un monde « pluraliste » et « inter-culturel », seule une réflexion sur l’unité ontologiquement véritable de la vie nous semble être en mesure désormais de dire encore l’unité réelle de tous les individus en respectant leur « altérité » foncière. L’individu naît comme une ipséité qui ne peut être confondue avec celle des autres, mais au sein d’une communauté aussi originaire que la naissance de chacun. Ce n’est donc jamais la ratio et son logos discursif qui peuvent unifier les hommes. Seule leur affectivité charnelle profonde peut le faire. » Rolf Kühn

« Quand ce qui ne sent rien et ne se sent pas soi-même, n’a ni désir ni amour, est mis au principe de l’organisation du monde, c’est le temps de la folie qui vient, car la folie à tout perdu sauf la raison » Michel Henry

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